jeudi 19 février 2026

Budapest Parcours : Retour 17 – Tihanyi 140


"Par Emmanuelle Sacchet

Dix-sept ans plus tard, c’est avec un plaisir gigantesque que je retrouve le chemin de la Hongrie et ma plume de Budapest Parcours au JFB. Les choses prennent parfois du temps — la vie aussi. Celle de Lajos Tihanyi, commencée il y a 140 ans, a donné son nom à l’extraordinaire exposition qui s’est tenue durant trois mois à la Galerie nationale hongroise, installée depuis 1975 sur les collines du château de Buda. Arrivée à Budapest le jour de l’inauguration, je me suis gourmandée de ne pas me souvenir de ce peintre né en 1885. Et pour cause : aujourd’hui encensée, son œuvre est pourtant passée presque inaperçue de son vivant et le demeura longtemps après sa mort à Paris en 1938. Devant les 200 œuvres réunies — la plus grande exposition jamais consacrée à l’artiste — une question s’impose : pourquoi ?

Vous connaissiez Mihály Munkácsy, Béla Czóbel, Tivadar Csontváry Kosztka ou József Rippl-Rónai ; vous n’oublierez plus Lajos Tihanyi !

Il serait injuste de résumer une vie tumultueuse en un chapitre ; je vous embarque donc pour quelques minutes… Né Teitelbaum dans une famille bourgeoise juive ayant magyarisé son nom en Tihanyi, son père avait fondé le grand café Balaton pour concurrencer le New York Café. Une méningite contractée à l’âge de onze ans marqua son destin : il perdit l’ouïe, sa voix s’en trouva altérée et il dut apprendre à lire sur les lèvres. Il fréquenta deux écoles d’art sans y trouver sa voie ; son parcours restera largement autodidacte. Cette situation marginale façonna un style pictural et graphique singulier, sans jamais entraver sa sociabilité : il fut toute sa vie entouré d’amis. Il fréquente peintres et écrivains, évolue dans les cercles intellectuels et rejoint un groupe d’artistes qui part peindre l’été à Nagybánya, dans les actuelles régions du Maramureș transylvain. Béla Czóbel, revenu du Salon d’Automne parisien de 1905, est imprégné de fauvisme. Le jeune Tihanyi, séjournant à Badacsony dans la maison familiale, se lance alors dans des paysages aux aplats de couleurs complémentaires : toits violets et jaunes, murs rouges et verts, rues roses dressées vers le ciel, ignorant toute perspective. Les compositions, décalées et resserrées sur l’essentiel, sont renforcées par d’épais contours noirs." La suite sur jfb.hu

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