"Il y a quatre ans, l’autorité de Viktor Orbán était à son apogée. Après douze années durant lesquelles le Premier ministre avait systématiquement démantelé la démocratie hongroise pour la remplacer par un système autocratique concentrant le pouvoir politique et la richesse entre les mains des membres de sa famille et de ses affidés, le Fidesz avait remporté sa quatrième majorité qualifiée lors des élections de 2022. L’opposition était fragmentée et peu crédible ; les électeurs mécontents sombraient dans l’apathie.
En à peine deux ans, tout a changé. Malgré son contrôle sur l’État, les médias et de vastes secteurs de l’économie, le régime n’a pas réussi à freiner la montée d’une nouvelle force politique, Tisza, qui depuis 2024 a régulièrement devancé le Fidesz dans les sondages indépendants. Son ascension, puis sa victoire aux élections du 12 avril, ont été rendues possible par l’érosion progressive des piliers du régime et par la complaisance d’un dirigeant de plus en plus isolé de toute concurrence politique significative. Des années de pouvoir centralisé, des flux financiers soutenus en provenance de l’UE et une opposition faible et corrompue ont créé un faux sentiment de stabilité au sein du régime. Pourtant, sous la surface, le mécontentement s’était accumulé, et il manquait un leader charismatique pour lui donner forme. En s’adressant à la fois aux électeurs déçus de l’opposition et à certains segments de la base du Fidesz, Magyar s’est imposé comme cette figure.
Ce qui a favorisé la chute d’Orban est précisément ce qui avait fait son succès : le caractère mafieux du régime. Après que le Fidesz eut remporté une majorité qualifiée en 2010, Orban a minutieusement créé un État mafieux[1], combinant pouvoir absolu et corruption systémique. L’année suivante, il a réécrit la Constitution et a placé des fidèles à la tête d’institutions clés telles que la Cour constitutionnelle, établissant ainsi un contrôle sans limite sur l’État. Il a également mis en place un vaste réseau de dépendance, récompensant les fonctionnaires dociles par des postes prestigieux, enrichissant les oligarques fidèles grâce à des contrats publics et, au niveau le plus bas, garantissant aux dirigeants locaux et aux fonctionnaires des moyens de subsistance liés au régime. Il a refusé ces opportunités aux opposants du Fidesz et a menacé de punir la déloyauté des initiés en les dépouillant de leur statut privilégié. Cet État mafieux a réussi à rassembler un soutien populaire considérable en orchestrant des victoires électorales grâce à l’extension de son réseau clientéliste, à la mise en place d’une machine de propagande financée par l’État et à la refonte des lois électorales." La suite sur telos-eu.com
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